Célébration de l’apprentissage ! L’atelier de l’ICIRD sur les pratiques exemplaires en matière de gouvernance des ressources naturelles

Pour marquer le point culminant de six années de travail acharné et de leçons apprises pendant la réalisation d’une série de 22 projets sur la gouvernance durable et inclusive des ressources naturelles, l’Institut canadien international des ressources et du développement (ICIRD) a organisé un atelier sur les pratiques exemplaires les 24 et 25 avril 2019.

Organisé au magnifique Institut Liu sur les enjeux mondiaux de l’Université de la Colombie-Britannique, l’événement a réuni des partenaires de l’ICIRD, des experts dans ce domaine et des responsables de programmes œuvrant à de nombreux sites de projets de l’Institut , notamment en Argentine, en Colombie, en Équateur, en Éthiopie, au Guyana, au Kenya, en Mongolie, au Pérou et au Sénégal. Soulignant le travail dynamique et mobilisateur accompli par les trois universités fondatrices – Université de la Colombie-Britannique, Université Simon Fraser, Polytechnique de Montréal –, les participants de l’atelier se sont réunis pour partager des points importants à retenir et discuter des possibilités de développement futur pour l’ICIRD.

Atelier sur les pratiques exemplaires de l’ICIRD © ICIRD

L’atelier sur les pratiques exemplaires a mobilisé plus de 100 homologues provenant du milieu universitaire, de l’industrie et de la société civile et s’est traduit par une importante attestation des réalisations de l’ICIRD et des leçons apprises au cours des années fondatrices de l’Institut.

L’utilisation des travaux de l’ICIRD comme tremplin a permis d’animer des discussions et des réflexions franches et ouvertes sur la façon d’obtenir un impact économique complet du secteur des ressources naturelles tout en favorisant son développement durable.

Les panels ont permis à nos homologues locaux et internationaux d’illustrer les points communs des multiples approches, outils et pratiques qui ont mené à des résultats positifs pour les projets. Les participants de l’atelier ont mentionné en particulier l’influence des différents modèles bureaucratiques, des contextes économiques, des facteurs environnementaux, de l’histoire et des besoins sociaux et communautaires sur l’élaboration d’approches de gouvernance des ressources. Ils ont démontré un solide consensus quant à l’importance de la participation des autochtones, de la consultation multipartite efficace et de la recherche appliquée rigoureuse comme outils visant à s’assurer que l’utilisation, le développement et l’extraction des ressources naturelles génèrent des avantages durables et inclusifs pour tous.

Impacts cumulatifs probants :

L’atelier sur les pratiques exemplaires a également permis à l’ICIRD de cartographier et de mesurer certains impacts cumulatifs des six dernières années. En voici les principaux faits saillants :

  • L’ICIRD a travaillé dans 22 pays, en collaboration avec plus de 186 partenaires allant d’institutions mondiales à des groupes communautaires, la plupart se situant entre les deux.
  • L’ICIRD a formé ou activement amélioré les connaissances de plus de 3 699 personnes – dont environ 38 % étaient des femmes – par l’intermédiaire de formations techniques, d’ateliers, de conférences et de missions d’étude.
  • L’ICIRD a soutenu les gouvernements locaux et nationaux ainsi que les instances dirigeantes régionales dans l’élaboration et la mise en œuvre de 12 nouvelles politiques liées aux industries extractives.
  • L’ICIRD a soutenu trois universités – au Pérou, au Sénégal et au Burkina Faso – dans le lancement de nouveaux programmes de maîtrise.
  • L’ICIRD a soutenu plus de 13 articles universitaires évalués par les pairs, en plus de nombreux autres rapports de recherche, études de cas, rapports de projet, analyses diagnostiques demandées par les gouvernements et mémoires de maîtrise et de doctorat.
  • L’ICIRD a travaillé avec plus de 45 étudiants au fil des ans, facilitant ainsi l’expérience de travail directe dans le cadre de la gestion et la conception de programmes internationaux.

Faits saillants relatifs aux panels :

Le panel sur l’éducation transformatrice a saisi l’occasion pour examiner de près nos expériences de travail directement auprès des mineurs du secteur minier artisanal de l’Équateur en vue de renforcer leurs capacités à adopter des techniques de traitement du minerai plus efficaces et plus durables. Gerald Fallon, professeur agrégé à la faculté des sciences de l’éducation de l’Université de la Colombie-Britannique et responsable universitaire du projet TransMAPE, a partagé les points importants qu’il a retenus du projet TransMAPE pour lequel l’ICIRD a adopté le concept d’apprentissage social :

« Il n’existe pas de modèle d’éducation comme tel… tout dépend du contexte. Avec le projet TransMAPE, j’ai appris qu’il était nécessaire de saisir en réalité ce qui se passe exactement au niveau du contexte, non seulement en ce qui concerne les défis techniques et autres, mais aussi ce qui concerne les systèmes de suivi et l’impact social – tous ces facteurs doivent être pris en compte lorsqu’on essaie de déterminer quel type de parcours d’apprentissage serait le plus efficace et le plus près de la réalité des mineurs à petite échelle. »

Pour en savoir plus : L’éducation comme point de départ dans la transformation positive du secteur minier à petite échelle de l’Équateur

Panel sur l’éducation transformatrice © ICIRD

Les « Processus participatifs de la gouvernance environnementale en Amérique latine, au Canada et en Mongolie » ont abordé les nuances de la participation communautaire à la gouvernance environnementale tout en accordant une attention particulière aux expériences qui sont influencées par les régions ayant un secteur minier à petite échelle et à grande échelle dans différents pays.

Nathan Skubovius, membre de la Première nation Tahltan, a relaté une expérience canadienne dans une perspective de formation éducative pour les jeunes générations. M. Skubovius a mis sur pied le programme environnemental Tene Mehodihi à but non lucratif qui offre aux étudiants une formation pratique et associe l’éducation, la culture et les connaissances autochtones afin de les aider à développer leur passion en poursuivant leurs études dans le domaine minier. Parmi les aspects uniques de la formation pratique dans un contexte de suivi participatif que Nathan a mentionnés figure ce qui suit :

« Notre travail est un peu différent des autres groupes. Nous n’exécutons pas un programme de suivi communautaire… mais nous essayons d’enseigner aux étudiants comment faire les choses, nous leur procurons les compétences de base pour qu’ils comprennent ce que les entreprises minières, les entreprises d’exploration et les entreprises environnementales font réellement. Nous donnons à nos étudiants les compétences nécessaires pour qu’ils puissent les mettre en pratique peut-être dans l’avenir; de plus, ils vont rapporter ces connaissances à la maison, les partager avec leurs parents et leur expliquer ce qu’ils ont appris sur le suivi, sur l’échantillonnage. »

Panel « La recherche en action : Concilier les résultats de la recherche et du développement » © ICIRD

Le panel « La recherche en action : Concilier les résultats de la recherche et du développement » a exploré les méthodes novatrices et les obstacles à l’application de la recherche dans les pratiques de développement international. À titre d’exemple, le projet Co-Lab Pérou, qui a été réalisé par l’équipe de l’Université Simon Fraser, a mis l’accent sur la gouvernance inclusive dans sa méthode et a abordé la discrimination à laquelle les femmes font face pour accéder aux prises de décision et aux ressources économiques. L’une des principales réalisations du projet est la création de cercles de leadership et de séances d’apprentissage pour les femmes, lesquels ont offert une plateforme de collaboration en plus de permettre aux femmes de s’exprimer au sujet des principaux enjeux de gouvernance des ressources naturelles.

Comme l’a souligné June Francis, l’une des responsables du projet : « Il y a des experts dans tous les aspects de la société. Comment faire venir ce génie à la table ? Comment arrivez-vous vraiment à réunir ces gens pour trouver l’espace, le confort et le sentiment qu’ils seront entendus et qu’il en sortira quelque chose ? Au Pérou, il y a beaucoup de discussions et beaucoup de dialogues. Mais la frustration était la suivante : où tout cela mène-t-il ? La première chose que nous avons faite en tant qu’universitaires, c’est de reconnaître la nécessité de ne pas apporter la solution, mais de créer en collaboration et d’avoir des gens locaux pour diriger… Le projet Co-Lab Pérou a réuni un groupe intersectoriel de personnes (sociétés minières, ONG, communautés minières, gouvernement et universités), et nous avons organisé une séance pour transmettre ce que nous avions appris et mettre à profit ces apprentissages dans le but de passer à une position d’interventions créatives menées en collaboration. »

L’ICIRD reconnaît ce besoin et continue de jouer un rôle important en tant que facilitateur neutre qui peut rassembler différentes personnes en vue d’établir leurs propres solutions. Dans l’avenir, l’ICIRD continuera d’œuvrer en faveur du développement durable et de la croissance à long terme tout en livrant des résultats dans le domaine de la gouvernance des ressources naturelles en collaboration avec ses partenaires.

L’atelier sur les pratiques exemplaires en matière de gouvernance des ressources naturelles a été transmis en direct et des enregistrements vidéo des panels sont accessibles sur la page Facebook de l’ICIRD.

D’autres faits saillants découlant des ateliers sur les pratiques exemplaires suivront.

Publié le 3 mai 2019

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